Charles-François Marquis Premiers colons de la Seigneurie de Verbois

Charles-François Marquis (François comme on l’appelait), un des premiers colons du Portage, reçoit le 30 septembre 1723, par billet de concession, une terre de huit arpents de front par trois lieues de profondeur
(1 lieu = 4 kilomètres), de son beau-père Joseph Blondeau, seigneur de Rivière-du-Loup, concession qu’on appela par la suite « Le Fief Marquis ».

Le front entier de ce fief comprend aujourd’hui, au premier rang du Portage, les six arpents présents de
M. Albert Beaulieu et les deux autres arpents voisins, côté est, appartenant à M. Alphonse Beaulieu. Il est intéressant de noter que l’épouse de ce dernier, née Madeleine Marquis, est une descendante directe du premier colon du Portage.

Charles-François Marquis épousa Marie-Anne Boucher, la fille de Pierre Boucher, le 20 janvier 1724 à Kamouraska. (Pierre Boucher et Marie-Anne Michaud étaient ses voisins, leurs terres se jouxtant et étant de mêmes dimensions. Le clan Marquis-Boucher possédait un territoire comprenant aujourd’hui les paroisses de Notre-Dame-du-Portage et de Saint-André, soit 3,000 pieds de front par 14 kilomètres de profondeur. Par les mariages, le clan s’est agrandi avec les Michaud et les Dumont.)

Charles-François Marquis et Marie-Anne Boucher, mariés le 20 janvier à Kamouraska, ont eu neuf enfants dont quatre seulement fondèrent un foyer. Les cinq autres, trois filles et deux garçons, décédèrent avant leur majorité. Or, deux des fils et une des filles s’allièrent à des Côté, enfants de Prisque Côté et de Geneviève-Ursule Bernier et petits-enfants de Jean-Baptiste Côté et de Françoise-Charlotte Chorest, seigneur de L’Isle-Verte.

1 – Agnès (1725-1727), inhumée au Berceau de Kamouraska.
2 – Alexandre (1731-1754), décédé au Fort Duquesne, Ohio, USA.
3 – Geneviève (1736-1757, inhumée au Berceau de Kamouraska.
4 – Marie-Anne (1739-1757) inhumée au Berceau de Kamouraska.
5 – Jean-Baptiste (1741-1741 à 5 semaines) inhumé au Berceau de Kamouraska.

6 – Joseph-Marie (1729-1752) épousa Marie-Françoise Côté le 27 octobre 1952 à Trois-Pistoles, 13 enfants.
7 – Joseph-François (1734-1816) épousa Agnès Côté en 1762 à Trois-Pistoles, 13 enfants.
8 – Madeleine née en 1740, décédée le 19 sept 1797, elle épousa Jean-Baptiste Côté le 09 janvier 1769 à Saint-Louis, Kamouraska. Fils de Prisque et Ursule Bernier
9 – Jean-Baptiste (2) (1745-1816) épousa Marie-Claire Talon le 11 janvier 1768 à Saint-Louis, Kamouraska,
6 enfants,

– Selon Paul Gauvreau, dans son livre sur L’Isle-Verte (Lévis, 1889), « … autrefois lieu de chasse et de pêche des Maléchistes venus des hautes terres par le corridor du Portage du Lac Témiscouata… Jean-Baptiste Côté était le troisième seigneur de l’Isle-Verte, seigneurie qu’il a acquise le 14 février 1711 de sieur Pierre DeNiort de Laminottière ou La Nonaye/Lanoraie, le deuxième seigneur à l’Isle-Verte, contre deux terres qu’il possédait à L’île d’Orléans, les terres 30 et 31, lot cadastral 77, achetées à Pierre Aubin [Réf. le livre Les Terres de l’Isle d’Orléans 1650-1715, p. 28]… Puis ce fut Jean Côté qui succéda à son père au manoir seigneurial bâti en 1773 près de la Rivière Verte. Jean Côté abandonna à ses frères et sœurs la partie Ouest de la seigneurie, connue sous le nom de Villeraie.

Puis ce fut Régis Garon en 1818, Philippe Aubert de Gaspé en 1820. Le fief, mis aux enchères, fut acheté par Louis Gauvreau, ex-député qui le légua à ses fils, Louis et Olivier Gauvreau, en 1822. En 1889, ce fut Louis-Narcisse Gauvreau qui hérita du titre de propriété de la seigneurie.
L’héritier de Jean Côté, Bathélémy Côté, conserva la partie Est (2 lieues) qui passa par la suite dans les mains de Charles Bertrand… La maison seigneuriale existe toujours à L’Isle-Verte, village.» pp. 64-66.
L’histoire de la tenure seigneuriale de l’Isle-Verte commença en 1685/86 avec le premier seigneur, le Sieur D’Artigny. Et le premier colon fut un nommé Bouchard, selon Jean-Baptiste Côté.

– La seigneurie de L’île d’Orléans devint la propriété de Mgr de Laval en 1668, seigneurie qu’il échangea contre L’île Jésus (aujourd’hui St-Vincent-de-Paul au nord de Montréal), le 24 avril 1675, au sieur François Berthelot. Réf. L’île d’Orléans par Michel Lessard, Ed. de l’homme, 1998.

« L’Isle-Verte fut un lieu d’ancrage et/ou de transit pour les Marquis », les Caron, les Côté et les Malenfant. Quatre lignées qui se sont croisées par les mariages à L’Isle-Verte.

Les Marquis étaient destinés à côtoyer des seigneurs : Joseph Blondeau, le 2e époux d’Agnès Giguère, était seigneur de Rivière-du-Loup.

Charles-François Marquis, grâce à son ardeur au travail et à sa persévérance, acquit une certaine aisance. L’inventaire de ses biens, fait en 1757, en est un témoignage éloquent : plus de sept longues pages remplies par le notaire Joseph Dionne, donnant une valeur en argent de près de 1600 livres, somme énorme pour l’époque si l’on considère que la terre n’est pas comprise et que la maison seule avec un hangar y ont participé pour moins de 375 livres (75$).

Charles-François Marquis, né le 23 mai 1700 à Québec, est décédé le 30 septembre 1754 à 54 ans, et fut inhumé le 01 octobre 1754 au Berceau de Kamouraska. Après sa mort, sa veuve Marie-Anne Boucher assembla la famille qui élut un tuteur aux deux enfants mineurs, François et Jean-Baptiste, ce dernier n’ayant pas encore neuf ans. Ce fut en l’occurrence, Simon Dumont, leur oncle et voisin, aidé d’un subrogé tuteur, leur frère aîné Joseph-Marie, marié depuis deux ans, mais demeurant encore à la maison paternelle. Après étude, il fut décidé de reporter à plus tard le règlement de la succession.

Or, à l’automne 1757, trois ans après la mort de Charles-François, trois des enfants étant maintenant majeurs, les tuteurs, d’un commun accord avec tous les intéressés, demandèrent au notaire Joseph Dionne de faire les arrangements nécessaires à ce règlement. On procéda comme suit :

– Le 8 novembre au matin, inventaire des biens du défunt.
– Le 8 novembre après-midi, donation de Dame Marquis à ses enfants.
– Le 9 novembre au matin, criée des meubles.
– Le 9 novembre après-midi, partage de la terre en quatre parties égales, chacune de deux arpents de front.

Voici comment le notaire inscrivit la procédure :

« Il a été, par le notaire soussigné, fait quatre billets et après les avoir bien roulés et bien brouillés dans un chapeau, il a été dit par les dites parties que l’on commencerait à tirer par le côté nord-est, en allant au sud-ouest, et que les deux du nord-est seraient obligés à la clôture et fossé de ligne entre le dit sieur Dumont et eux deux, et les deux du sud-ouest avec les héritiers de feu Michel Boucher.

Ensuite de quoi, nous avons fait approcher un petit garçon pour tirer les dits billets, le premier a été tiré et commencé comme dit est par le nord-est, la première part est échue à Jean Le Marquis; suit la deuxième est échue à François Le Marquis; suit la troisième est échue à Joseph Le Marquis; et la quatrième est échue à Madeleine Le Marquis, joignant les dits héritiers de Michel Boucher; et comme les deux arpents de la dite Madeleine et les deux de Jean Le Marquis sont moins défrichés que les deux des dits Joseph et François Le Marquis, il a été arbitré et convenu que Joseph donnerait à sa sœur Madeleine la somme de 15 livres et que François Le Marquis donnerait à son frère Jean Le Marquis aussi la somme de 15 livres ».

Cet acte a été fait en présence de Jean-Baptiste Michaud et François Albert, habitants de l’Islet-du-Portage, et signé de Joseph Marquis, de Jean-Baptiste Michaud et du notaire Joseph Dionne.

Ce qui prouve que même à cette époque reculée où les écoles publiques n’existaient pas encore, bon nombre de nos ancêtres possédaient déjà un minimum d’instruction.

Il est assez remarquable que trois héritiers Marquis se soient unis par mariage à des descendants de la famille seigneuriale Côté de l’Isle-Verte.

Recherche Yvon Marquis-Joubert

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