Notre-Dame-du-Portage

Une histoire de Notre-Dame-du-Portage.

Pierre Landry. Éditions Trois-Pistoles, 2006

Dans ce merveilleux livre, solidement documenté, Pierre Landry retrace l’histoire du village depuis l’arrivée des premiers occupants : Un récit touchant des gens qui ont trimer dur dans ce coin de pays, un récit qui raconte l’histoire d’un territoire et de ses habitants.

En voici un extrait concernant Charles-François Marquis, pp 55, 79-82.

« À l’automne 1709, Joseph Blondeau, dit Lafranchise, marchand et capitaine de milice à Charlesbourg, succède à Aubert de la Chesnaye et devient propriétaire des seigneuries de Rivière-du-Loup et de Madouesca. Au moment de l’acquisition, la première couvre, sur le littoral, toute l’étendue de terre comprise entre l’Islet-du-Portage, à l’ouest, et l’Isle-Verte à l’est, sur des profondeurs variables. Madouesca comprend les abords de la rivière du même nom et l’étendue du lac Témiscouata, rien de moins. » …

« Il est utile de préciser qu’il a épousé en seconde noce Agnès Giguère, elle-même veuve de Charles Le Marquis dont elle a eu un fils baptisé Charles-François. C’est ce même Charles-François Marquis qui se portera acquéreur en 1723 des terres donnant sur l’Islet à Fliche près de Rivière-des-Caps, ou l’Islet-du Portage et qui deviendra l’un des premiers colons du Portage. » …

« Le 13 février 1723, le seigneur Joseph Blondeau, successeur de Charles-Aubert de la Chesnaye et propriétaire des seigneuries Verbois et Rivière-du-Loup, déclare devant l’intendant Bégon, dans son acte d’Aveu et dénombrement : « Sur le fief de Verbois, j’ai un autre domaine, sur lequel il y a une grange (25 pieds de long), faite de pieux debout, et environ dix arpents de terre labourable. Dans la censive du dit fief, j’ai pour tenanciers Jean Dionne dit Sanssoucy qui ne fait que commencer à travailler sa terre de six sur quarante, située à un lieu du domaine, au-dessus se trouvent Charles-François Marquis, fils de la seigneuresse Agnès Giguère, et Pierre Boucher, encore au-dessus. Leurs terres ont les mêmes dimensions et bornent en front au fleuve Saint-Laurent, à l’endroit appelé Rivière-des-Caps. Ces tenanciers ne font de même que commencer leur terre. » …

« On sait que dans le même Aveu, il est mention de ce Le Marquis … à titre de censitaire voisin de Pierre Boucher. Or, voici ce que nous apprend Laurent Saindon : « Nous savons cependant que gravement malade, sans doute, et sentant venir la mort, il (le seigneur Blondeau) avait fait son testament devant le notaire Dubreuil le 30 septembre 1723, le jour même où il signait avec son épouse le billet qu’il avait consenti à son fils adoptif, Charles-François Marquis, en présence de Messire Auclair, prêtre et curé de Kamouraska. »
Or, fait des plus intéressants, le 20 janvier 1724, soit quelques mois à peine après la signature de ce testament, ce même Charles-François Marquis, né en 1700, épouse Marie-Anne Boucher, fille de Pierre Boucher, âgée de 25 ans. C’est donc un véritable clan qui s’établit sur ces terres de Rivière-des-Caps. Et pas n’importe quelles terres … c’est sur un petit empire qui fait 3 000 pieds de façade sur le fleuve par 12 kilomètres de profondeur que le clan Boucher-Marquis met le grappin. » …

« Il s’agit donc ici des premiers propriétaires de Notre-Dame-du-Portage et de fait, même s’il n’est pas question d’une seigneurie comme telle, le fief que se partagent les Boucher et les Marquis en a toutes les apparences. »