Marc-Antoine Canac-Marquis

Charles Marquis n’est pas le seul à avoir transmis ce nom

selon Louise Marquis (réf. La Voix des Marquis, v. 5, n. 3, Été 2004, p. 14).
Voici un résumé de l’article de Réal Marquis dans La Voix des Marquis, v. 1, n. 3, printemps 2000, pp. 4 et suivantes.

La diversité des patronymes Marquis, Canac et Canac-Marquis complique les recherches en généalogie depuis que deux souches ont fait leur apparition en Nouvelle-France, il y a plus de trois cents ans : l’une, la souche Charles Marquis, l’autre, la souche Marc-Antoine Canac.

C’est ainsi que nous retrouvons des orthographes modifiées, des interversions et de nouvelles formes de présentation dans les documents officiels depuis la fin du dix-septième siècle jusqu’à nos jours. Des Marquis sont devenus Lemarquis, Canac, Marquis dit Canac et des Canaque sont devenus Canac, Canac dit Marquis, Marquis tout court et Canac-Marquis.

Marc-Antoine Canac (Cannac) est né et baptisé le 01 novembre 1661 à St-Étienne de Lacaune, Castres, Languedoc, département du Tarn de la région du Midi-Pyrénées, dans le sud-ouest de la France.

Soldat des troupes de la Marine de la compagnie du Sieur des Méloizes, il arrive au pays le 01 août 1685 à l’âge de 24 ans. Après son service militaire, il entra au service d’un fermier de Ste-Famille, î.o. Marc Barreau (Bariau ou Bureau) et son épouse Jacqueline Lauvergnat qui n’avait pas d’enfant. Il devint leur fils adoptif.

Le 07 février 1686, par le notaire Paul Vachon, ils lui cédèrent avec privilège d’usufruit tous leurs biens. Acte classé le 05 juin 1686. Registre de Sainte-Famille, î.o. le 09 novembre 1688. »

– Un lopin de terre avec résidence situé à un mille à L’Est de l’église Sainte-Famille, î.o., désigné sous les no 78 et 85 du premier plan de la paroisse fait par Sr de Villeneuve. Ce bien a toujours demeuré la propriété d’une famille Canac-Marquis. La maison, de style français, a été reconstruite en 1825.

Dans le livre L’île d’Orléans, aux sources du peuple québécois et de l’Amérique française, de Michel Lessard et de Pierre Lahoud, Éditons de L’homme, 1998, nous retrouvons la maison Canac-Marquis-Drouin (1710) où Maria Drouin se tient dans l’embrasure de la porte, pp. 278-780. Nous retrouvons dans ce livre les maisons de plusieurs descendants de Marc-Antoine Canac dit Marquis.

« Le patronyme Canac (Cannac ou Canaque) est le patronyme authentique de cette famille. Des documents de cette époque, soit actes notariés, registres paroissiaux et ordonnances de la Prévôté de Québec, nous révèlent la mention de Marc-Antoine Canac-Marquis. Mais il signait Marc-Antoine Canac. C’est ce patronyme que nous retrouvons dans les documents de la Prévôté de Québec. On ajoute à son nom le titre de Marquis. Pourquoi ? Trouverons-nous un jour le motif ou la raison qui a prévalu à cette insertion ? Contentons-nous de souligner que Marquis est utilisé à la fois comme patronyme et comme titre de noblesse de par la fonction.

Dans son livre paru en 1918 (pp. 25-31 ), « La famille Canac-Marquis et familles alliées, dictionnaire généalogique », Paul-Victor Charland écrit sur le surnom de Marquis :

Dans les registres il se rencontre assez tard, car tout ce qui est d’église n’est guère changeant…L’Église s’en tient à l’antique…Mais le Civil n’était pas tenu à ces scrupules…Ce n’est pas avant 1783 qu’on voit apparaître Canac dit Marquis et Marquis dit Canac…

Dès 1727, on appelait Marc-Antoine Canac, M. le Marquis… En 1718, au mariage de sa fille Thérèse, le notaire Royal de la Prévosté de Québec écrit Marc-Antoine Canac-Marquis, Major-général de la Milice de L’île… La fin de l’acte de mariage est encore plus clair et fait supposer que déjà on le nommait souvent Marc-Antoine Marquis tout court…
Sérieusement, pourquoi notre ancêtre a-t-il été surnommé le Marquis ? car il est très certain, hors de tout doute, qu’il n’a pas pris de lui-même pareil surnom, ni comme titre d’honneur, ni encore moins comme sobriquet…

Voici notre hypothèse, notre quasi certitude : Marc-Antoine Canac, même simple soldat, à plus forte raison major de milice, devait avoir, au moins certains jours, une tenue, un costume qui le distinguait de ses co-paroissiens. Si loin que le luxe pût aller chez tout le monde, le sien devait dépasser celui de tout le monde, vu sa condition…

Tout s’explique chez ce major de milice, même le surnom à cause de cela, et à cause aussi d’autre chose, à savoir que ces majors de milice exerçaient dans leurs districts une sorte de judicature, règlaient les petits conflits des habitants, tenaient tribunal, prononçaient des sentences, à cause de quoi , encore, ils étaient tenus à plus de sérieux et de réserve, plus de distinction dans leurs manières, langage, vie publique, vie privée, tout ce qui pouvait contribuer à maintenir leur autorité et prestige…

Inutile d’insister : c’est bien assez déjà, il me semble, pour donner aux gens la tentation de vous appeler M. le Marquis…Et laissons, je vous prie, une telle vétille.

Les fonctions qu’a occupées Marc-Antoine Canac, après son arrivée en Nouvelle-France, nous aident à comprendre ou du moins ajoutent un peu de plausibilité à nos prétentions ; d’abord simple soldat, puis major de milice de L’île d’Orléans, conséquemment, il est appelé à exercer dans son milieu des fonctions reliées à l’administration de la justice : brefs de saisie, proclamations de sentences, mandats d’amener, etc.

Pour convenir à l’exercice de telles fonctions, il fallait posséder une instruction supérieure aux gens de son milieu et avoir une certaine expérience des rouages administratifs, des cours de justice, des procédures civiles, et cela va de soit, être vêtu du costume d’apparat pour parader devant les autorités. Représentant la justice publique, il se crée autour du personnage une mentalité et une réputation qui commande le respect, ajoutons-y le costume d’apparat, nous présumons que l’entourage se faisait un plaisir sinon un devoir de l’appeler couramment Monsieur Le Marquis, un qualificatif bien acceptable dans le contexte, et … une marque de politesse adéquate.

Le mélange de deux patronymes et les additions du titre de noblesse, nous semblent être un simple effet de circonstances d’époque. Pour un notaire ou un clerc, ajouter un titre de noblesse au patronyme d’un client, est un terme flatteur. Mais cela va altérer le patronyme de la lignée des Canac pour les générations futures.

En voici quatre exemples :

  1. Sur le contrat de mariage de Thérèse Canac, fille de Marc-Antoine Canac, en 1718, le notaire Étienne Jacob rédige le texte comme suit : furent présents en leur personne, honorable homme Marc-Antoine Canac Marquis, Major général de milice de l’Isle et comté de Saint-Laurent, etc. Et l’honorable homme de signer Marc-Antoine Canac.
  2. Un autre exemple, le mariage de Salomé Marquis et de David Choret. Dans l’acte religieux de la paroisse de L’Isle-Verte, en date du 24 janvier 1821, on peut lire ce qui suit : « … mariage de David Choret avec Salomé Canac dite Marquis, veuve de Jean Chassé, pilote de L’Isle-Verte,… ».
    Salomé n’était pas de la souche Canac du tout ; après vérification, nous établissons qu’elle était la fille d’Amable Marquis et de Marguerite Dumont de L’Isle-Verte, descendant directement de Charles Marquis et d’Agnès Giguère.
  3. Dans les registres de la paroisse de St-André de Kamouraska, nous avons relevé ce qui suit : Le 15 janvier 1810, mariage entre Pierre Canac dit Marquis, originaire de Québec, fils de Jean Canac dit Marquis et d’Angélique (Judith) Pépin dit Lachance et Marie-Salomé Michaud, fille d’Alexandre Michaud et d’Élisabeth Ouellet de cette paroisse…
  4. À Sherbrooke, Léon Canac, fils de Pierre Canac-Marquis et d’Angèle Garant, se marie le 10 janvier 1887 à la Cathédrale Saint-Michel sous le nom de Léon Marquis avec Malvina Pellerin, fille de Louis Pellerin et d’Angèle Ouellet. Leur fille, Angélina, retiendra le patronyme de Marquis lors de son mariage avec Oliva Gervais.

L’ensemble des documents consultés, vérifiés, et le contrôle des signatures y apparaissant, l’autenticité des familles Canac et Marquis en terre d’Amérique ne fait plus de doute. Mais l’imbroglio que présente cette situation demeure pour les recherches généalogiques.

Nous devons être vigilants afin de ne pas confondre les lignées puisque plusieurs noms sont identiques. Il est difficile de savoir s’il y a le moindre lien entre tous ces Marquis; l’insuffisance de données ne nous permet pas de conclure. »
Réal Marquis, Charlebourg.

Aujourd’hui, pour l’avoir vu à plusieurs occasions, certaines banques de données généalogiques nous donnent l’impression d’avoir normalisé le patronyme Canac par celui de Marquis. L’imbroglio issu des actes officiels se perpétue donc dans les banques de données généalogiques reconnues. Face à cette ambiguité, nous présumons, faute de preuves écrites, que c’est l’usage courant qui a prévalu pour plusieurs descendants de Marc-Antoine Canac (Cannac) dit Marquis. Ainsi, au fil des générations, nous remarquons que le patronyme Marquis a tout simplement remplacé le patronyme Canac.

Nous retrouvons même dans les registres des Marquis, de souche Marc-Antoine Canac, qui ont marié des Marquis, de souche Charles Marquis.

N.B. L’Association des Familles Marquis compte aujourd’hui des membres de la souche Marc-Antoine Canac. Bienvenue à tous.